De façon régulière, je suis amené devant différents publics à présenter l’évolution de la dette publique et ses conséquences sur la vie économique. Voici, en 2 billets, quelques unes des remarques (en italique) qui me sont les plus fréquemment objectées. Et bien sur, les réponses qui sont données. Voici le dernier billet.
Et demain ?
La dette publique atteignait fin septembre 2009 1450 milliards d’euro, soit 75 % du PIB.
L’exemple de la Grèce qui pourrait ne pas demeurer le seul en Europe, démontre l’inanité des thèses qui affirment le peu d’importance qu’il faut attacher à la dette publique. A cet égard, je tiens d’ailleurs à souligner que ce qui est d’abord préoccupant, c’est son augmentation continue depuis 35 ans, la dépendance croissante qu’elle entraine vis à vis de l’extérieur et les dysfonctionnements majeurs dont elle permet la pérennité.
Ceci dit, il est encore possible de réagir. La France présente de solides points forts. Elle dispose de quelques fleurons industriels et financiers, d’une infrastructure de transports efficace, de cadres de haut niveau et d’une protection sociale importante.
Chaleureuse, amicale, complice. Nous partagions souvent les mêmes estrades pour débattre des comptes publics en France et en Europe. Avec pudeur, il m’avait, lors de notre dernière rencontre le 28 juillet dernier, confié son amitié. Je lui confirme la mienne, fidèle, reconnaissante. Elle ne s’éteindra pas, en la faisant vivre pas seulement par la pensée mais aussi par les actes, au quotidien, pour garantir aux Français des comptes publics assurant leur avenir.
Retour sur une interview vidéo qu’il m’avait cordialement accordée pour ce blog lors d’un colloque à Rabat.
Vous êtes invités à écouter le témoignage d'Alain Lambert sur Normandie FM après la disparition de Philippe Séguin.
Par A.B. Galiani le vendredi 8 janvier 2010, 09:22
De façon régulière, je suis amené devant différents publics à présenter l’évolution de la dette publique et ses conséquences sur la vie économique. Voici, en 2 billets, quelques unes des remarques (en italique) qui me sont les plus fréquemment objectées. Et bien sur, les réponses qui sont données. Voici le 2eme billet.
La dette de l’Etat admet une contrepartie détenue par les agents économiques et les deux s’annulent
C’est vrai et c’est faux à la fois.
C’est vrai, puisque lorsque l’Etat emprunte, le prêteur détient une créance d’une valeur identique : soit un contrat de crédit bancaire lorsque le prêt est obtenu par création monétaire, soit un titre représentant une mobilisation d’épargne disponible.
Mais ces contreparties de prêts sont assorties de risque qui altèrent leur valeur réelle.
De façon régulière, je suis amené devant différents publics à présenter l’évolution de la dette publique et ses conséquences sur la vie économique. Voici, en 3 billets, quelques unes des remarques (en italique) qui me sont les plus fréquemment objectées. Et bien sur, voilà les réponses qui sont données.
Un Etat n’a pas le souci de rembourser, sa dette n’est donc pas une créance sur les générations futures :
Sans doute, l’Etat dispose d’un horizon temporel beaucoup plus vaste qu’un particulier ou même qu’une entreprise ; il sera très vraisemblablement encore là dans 50 ou 100 ans, ce qui n’est pas le cas des simples individus que nous sommes. Est ce pour autant qu’il n’a pas le souci de rembourser ?
D’aucun font observer que l’Etat fait « rouler » ses dettes (le « roll over » cher au monde de la finance). Dès qu’une échéance tombe, il emprunte à nouveau. Un tel mode de fonctionnement n’a rien de bien inquiétant, bien au contraire. En offrant une « épargne sans risque », il présente des garanties de placement aux agents économiques les plus fragiles, tout en gérant ses besoins ponctuels de trésorerie. Dans ce cas, la dette de l’Etat n’a rien de dramatique.
Par Alain Lambert le jeudi 26 novembre 2009, 13:18
L’article 790G du code général des impôts prévoit la possibilité de dons exceptionnels de sommes d’argent exonérés de droits de mutation. La limite de l’abattement est de 31.272€, le donataire doit être âgé de moins de 65 ans et le bénéficiaire de 18 ans révolus.
La mesure ne tenait pas compte des mutations de nos sociétés et du trop faible écart d’âge entre grands-parents et petits-enfants, excluant de nombreuses personnes du dispositif.
Ainsi, l’amendement au budget 2010 voté hier au Sénat repousse, pour les grands-parents, la limite d’âge à 80 ans au lieu de 65. Ce n’est pas une mesure « pour les riches » mais seulement une occasion de miser sur l’aide familiale plutôt que sur la solidarité nationale !
Nicolas Sarkozy a été le 1er à imaginer cette mesure en juin 2004, alors Ministre de l’économie et des finances. L’abattement était alors limité aux dons de 20 000€. La mesure avait rencontré un réel succès à l’époque et fut considérée comme bénéfique pour notre économie !
Qu’en pensez-vous ?
Voici les petites interviews d'Alain Lambert à ce sujet. Écoutez-les et laissez-nous vos commentaires...
Par Alain Lambert le samedi 10 octobre 2009, 19:08
La rédaction d'Ouest-France me taquine ce matin encore avec ce mot qu'elle ne trouve apparemment pas très explicite. Elle n'a pas tort. Mais le sujet n'est pas, lui, futile. Une façon de l'expliquer consisterait par exemple à imaginer que la situation des finances publiques ne permette plus de servir aucune aide à la presse. Ne plus payer les salaires de la fonction publique. Ni les retraites. Ni les prestations sociales. Limiter à 2 heures par jour l'utilisation domestique de l'électricité. Bref des mesures qui sont celles en vigueur dans les pays n'ayant pas appris le sens du mot soutenabilité.
Par A.B. Galiani le vendredi 4 septembre 2009, 08:14
A combien s’élève la population française en 1881 ? Ne cherchez pas plus longtemps, elle est évaluée aux alentours de 40 millions d’habitants. Et en 1900 ? Encore aux alentours de 40 millions d’habitants. Et en 1926 ? Toujours aux alentours de 40 millions d’habitants. Et en 1946 ? … Oui, vous avez deviné ! On soulignera juste un pic en 1936 à presque 42 millions d’habitants. Mais l’après guerre va marquer un changement : 43 millions en 1954, 46 en 1962, 50 en 1968 … Le taquet des 40 millions a sauté et la population va croître désormais très vite. Comment expliquer ce phénomène ? On admet couramment que le nombre de naissance a explosé, ce qu’on a baptisé le « baby boom » … Mais voilà, ce n’est pas tout à fait exact. Alors, analysons les faits.
522 000 naissances en 1941 mais 870 000 en 1947 : effectivement, on relève une très forte hausse. Oui, mais … Inscrivons nous dans la durée. Il naît plus de 900 000 enfants en France en 1901 et 1902 : un record jamais atteint depuis. Jusqu’au début de la Grande Guerre, chaque classe d’âge (à quelques exceptions près) compte plus de 800 000 enfants, soit autant que les classes d’âge du baby boom. Ces dernières en effet n’ont que rarement dépassé les 870 000 (1949 et 1964). Bref : il est né en moyenne chaque année plus d’enfants de 1900 à 1914 que de 1946 à 1965 ! Voilà pour la réalité du « baby boom ».
Dans un billet du 16 mars dernier, j’expliquais que le PIB ne reflétait pas exactement la richesse réelle des Français. Il appelle d’autres remarques. Ainsi une moindre productivité du secteur public ou les modalités particulières de financement des régimes spéciaux augmentent le Produit Intérieur Brut. Il ne s’agit certes pas de « bricolage de chiffres ». Simplement, le PIB est une mesure réalisée selon des normes. Il donne une valeur, qui ne peut remplacer une analyse et cette dernière ne peut s’abstenir de prendre en compte les biais induits par les choix méthodologiques, quels qu’ils soient. Voyons donc en quoi les spécificités de la fonction publique augmentent le PIB.
Le Parlement français pourrait inscrire dans la Constitution pour les élever au niveau le plus élevé de la hiérarchie des normes juridiques, par exemple, les dispositions suivantes :
« Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'encore incertaine, pourrait affecter de manière grave et irréversible la soutenabilité des finances publiques, par un accroissement inconsidéré et irréversible des déficits et de la dette du Pays, menaçant ainsi l’intérêt du peuple et des générations futures , les autorités publiques veilleront, par application du principe de précaution, et dans leurs domaines d'attribution, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage »
J’oscille entre Twitter, FriendFeed et le blog pour parler des sujets d’actualités. Mais force est de constater que certaines questions se prêtent mal aux limites des 140 caractères. Merci à Rubin de m’avoir poussé dans mes derniers retranchements à propos des bonus versés par les banques. Les Etats nous enfument (comme on dit en Mayenne) – je veux dire tendent un voile de pudeur - en prétendant régir par la loi (sous entendu la morale publique) ces rémunérations exceptionnelles qui blesseraient les consciences. Je trouve cette posture ridicule, risible et démagogue. D’abord pour rappeler que cette question a été traitée par le G 20 et que les règles alors adoptées n’ont pas été appliquées, en premier par les USA, comme d’habitude. Faut-il donc poser de nouvelles règles avec le risque probable qu’elles ne soient pas davantage respectées que les précédentes ? Ensuite, n’est-il pas temps que les Etats aient la loyauté de dire aux Peuples que certains sujets les dépassent ? Qu’il est certes grave d’en arriver à ce constat. Mais que le cacher affecte plus encore la démocratie que laisser croire que l’on peut poser des règles mondiales alors qu’il n’existe aucune instance ayant les pouvoirs pour les faire respecter. Est-il honnête de ne pas éveiller les citoyens du monde sur le fait que l’effacement des frontières n’a été le choix de personne mais le résultat combiné des progrès technologiques et de l’effondrement de systèmes politiques insensés ? Que notre monde transformé soudain en village planétaire n’a toujours pas d’organe de gouvernance mondial qui serait la seule réponse à ces sujets. Mais que les opinions publiques ne sont pas prêtes à accepter ces organes de gouvernance si éloignées d’elles, sauf à redouter une irruption incontrôlable des nationalismes.
Croissance inattendue du PIB français au 2e trimestre. Les meilleures nouvelles qui parviennent de la situation économique sont, quelque soient les gouvernements, immédiatement récupérées, comme leur œuvre, par les dirigeants politiques. Pour avoir eu à gérer l’exercice, en période de récession, je me suis toujours demandé, quand une éclaircie apparaissait, pourquoi nous n’en profitions pas pour en reconnaitre les mérites d’abord aux Français pour les encourager à y croire et à redoubler d’effort. La progression de la richesse nationale, quasiment imprévisible en cette période, est une excellente nouvelle, pourquoi en faire un succès politique ? Faisons-en un succès national ! Ce sera beaucoup plus motivant pour la suite ! Puis, tout à fait entre nous : éviter de se poser en décideur, en dernier ressort, de la croissance, c’est s’éviter de passer pour incompétent le jour où elle ne sourit pas !
L’actualité de la crise me fait penser à cette fable célèbre « Le Coche et la Mouche ». Chacun voit pourtant bien que le champ de la crise n’est pas national mais mondial. Pourtant, les Etats, avec tambours et trompettes, annoncent vouloir enfin mettre de l’ordre dans les pratiques bancaires qui conjuguent gaiment faillites et bonus. Conscients des limites de l’exercice, ils ont eu cependant la sagesse de tenter d’élaborer des règles au niveau du G20, forum économique qui représente les 2/3 du commerce et de la population mondiale et plus de 90 % du produit mondial brut. Pas de chance, les décisions prises ont été superbement ignorées. Notamment aux USA. Ce qui montre au passage les limites de l’autorité du nouveau Président. L’Amérique s’arrache d’ailleurs les cheveux sur l’art et la manière d’organiser une nouvelle régulation. S’agit-il de la confier à l’Etat fédéral, à la FED, aux Autorités de marché. La presse déborde de ce sujet. Mais personne ne semble insister sur le lien qu’il faut impérativement établir entre Autorité et Responsabilité. Les conséquences financières des crises doivent être assumées. Si elles le sont par le marché, laissons les règles du marché s’appliquer. Si elles le sont par les Etats, c'est-à-dire par les contribuables, alors confions aux Etats le soin de fixer les règles et de se doter des moyens pour les faire appliquer. Comme le champ de l’activité en question (l’économie et la finance) est largement supra national, la solution passe obligatoirement par des accords multilatéraux respectés et donc exécutoires. La difficulté est qu’il n’existe à ce jour aucun instrument de gouvernance mondiale reconnu par tous les Etats et par leurs citoyens. C’est à cette tâche urgente que nos Etats doivent bien vite s’atteler. Au lieu de s’agiter comme des mouches dans un bocal au risque de perdre toute crédibilité aux yeux de leurs peuples pétrifiés et inquiets pour leur avenir. Ne serait-il pas temps d’en revenir à des préceptes simples tels que : « qui commande paie ! » et « le bruit ne fait pas de bien. Et le bien ne fait pas de bruit ! »
L’Etat a-t-il tiré les leçons de la crise financière, dont il est largement à l’origine. A l’instar du groupe « Poppies » d’il y a 40 ans, on peut chanter : « non, non rien n’a changé ; tout, tout a continué ... ». S’il est vrai que des réformes ont été entamées, leur rythme est trop lent pour corriger rapidement les défauts structurels du secteur public. D’autant que tous – ménages et administrations – empruntent allègrement. Dans un pays malthusien et à très forte fiscalité, la dette permet de conserver l’illusion d’une richesse que l’on répugne à créer. La question devient donc plus que jamais : jusqu’où et jusqu’à quand pourra-t-on s’endetter ?
Par Alain Lambert le dimanche 26 juillet 2009, 16:42
C’est par ce titre que le Point revient sur cet éternel et inextricable sujet de la morale et de l’argent. Il y a une certaine naïveté à vouloir régir cette matière par des interdictions, des autorisations plafonnées, des fiscalités particulières etc. Je persévère dans mon intuition, c’est en liant : gain et responsabilité que les rémunérations retrouvent tout leur sens. Les bonus sont sans doute des stimulants indispensables pour des dirigeants et il est probable que le Pays qui viendrait à les interdire ou les menacer se priverait des meilleurs managers. En revanche, pourquoi ne pas les assortir d’une responsabilité indéfinie sur les pertes de l’entreprise ? Certes on m’opposera qu’il vaudrait mieux une responsabilité limitée au montant des bonus. Mais, j’ai toujours trouvé une grande vertu aux responsabilités indéfinies. Elles sont la meilleure garantie que le dirigeant réponde de l’entreprise comme de lui-même ! Lazard en a donné l’exemple jusqu’à il y encore peu de temps.
Qu’en pensez-vous ?
Il explique que : "Ensemble, Didier Migaud, député socialiste de l'Isère et Alain Lambert, sénateur UMP de l'Orne ont su mettre en commun leurs talents pour transformer les règles du jeu budgétaire."
De son côté, Alain Lambert déclare depuis plusieurs mois que l’urgent et indispensable redressement de nos comptes publics suppose que toutes les forces politiques républicaines s’accordent sur une trajectoire commune, avec l’esprit constructif de la LOLF. Il pense que le binôme Migaud – Lambert peut servir de nouveau pour cette grande cause nationale.
JFC précise que "Ce succès doit nous donner le courage de prendre des initiatives qui vont dans ce sens. "Qu’en pensez-vous ?
A Bercy, en Mars 2003, au moment où la croissance menaçait de devenir négative, j’étais ministre du budget. Le sol se dérobait sous nos pieds. Je me souviens avoir alors envoyé une note personnelle au Premier Ministre, Jean-Pierre Raffarin, un dimanche soir. Tombée aujourd’hui dans le domaine public, je crois pouvoir la publier. Elle n’a jamais connu de réponse d’ailleurs. Pourtant, plus de 6 ans après, je n’en renie pas un mot ! Oui, la crédibilité d’un gouvernement se mesure d’abord dans sa capacité à maîtriser la dépense plus que dans son génie à l’inventer. Oui, toutes les dépenses de fonctionnement sont « plafonnables » en euros courants, dès lors qu’on le décide. Encore faut-il le croire pour le vouloir et en conséquence le pouvoir. Oui cette pratique consiste tout simplement à garantir aux Français que l’on s’engage à ce que leur sphère publique ne leur coûte pas un euro de plus que l’année précédente. J’y évoque l’idée de lancer un grand emprunt, sans intérêts, exonéré de droit de succession ! J’y souligne la portée symbolique forte. Considérant que chaque épargnant français accepterait sans doute de prêter un peu de ses économies à son Pays pour alléger le fardeau de la dette transmise à ses enfants.
Je conserve le souvenir de discussions homériques avec le corps incroyablement expert des hauts fonctionnaires de Bercy qui m’instruisaient du caractère désuet et contraire au droit européen de mon idée.
L’idée d’un grand emprunt lancé auprès de tous les citoyens qui souhaitent aider leur pays à sortir de l’impasse est au moins aussi vieille que la monnaie. Je m’en étais expliqué lors d’un billet de décembre 2005 sur ce blog. Je vous avais conté alors ce qui m’était arrivé lorsque j’en avais émis l’idée alors que j’étais au gouvernement et le sort qui lui fut réservé. Je vous en conterai aussi l’histoire cet après midi puisque j’ai retrouvé toutes mes notes et mes échanges de l’époque.
Dans un premier billet, le 21 juin, j’expliquais que le fait générateur de la crise trouvait son origine les politiques de relance conduites menées par les Etats dans la première moitié des années 2000. Le fait déclencheur avait été la hausse des matières premières imputable à la croissance mondiale. Voici le second billet qui explique comment la croissance par la relance s’est autodétruite par le surendettement.
Donc, l’augmentation du prix des matières premières va provoquer la crise. Premier effet : elle conduit ipso facto à pénaliser la demande intérieure, puisque le pouvoir d’achat utilisé pour payer plus cher les importations ne peut plus l’être pour la production intérieure. Dans le même temps, les Banques Centrales haussent leurs taux d’intérêt pour contrer les tensions inflationnistes. Ainsi, les USA vont passer d’un taux de « base » de 1% en 2004 à 5,25 % en 2006. Pour nombre d’emprunteurs américains, c’est une augmentation forte de leurs échéances de prêt. Pour exemple, l’échéance mensuelle d’un prêt de 100 000 € augmenterait à ce régime de 250 € ! Dans ces conditions, les défaillances d’emprunteurs s’accroissent, entrainant une augmentation des ventes sur le marché immobilier tandis que les acheteurs se raréfient ... entraînant la baisse des prix du marché !
La cause est entendue. La crise est imputable aux banques et rien qu’aux banques ! Comme toujours, la réalité n’est pas si simple. Loin du mythe de la dérèglementation ou des fantasmes sur l’eschatologie du capitalisme, cette crise trouve son origine dans la conjonction de 3 faits : un fait générateur, les politiques de relance conduites par les Etats dans la première moitié des années 2000 ; un fait déclencheur, la hausse des matières premières imputable à la croissance mondiale, et un fait aggravant, les modalités de refinancement interbancaire au travers la titrisation. J’écrivais sur ce blog, en mai 2006, qu’une « qu'une politique de croissance fondée sur l'endettement des ménages reste une politique de court terme, à utiliser avec prudence ». La démonstration en est faite et les Etats feraient bien de s’en souvenir. Voici le premier des 2 billets récapitulant ce sujet.
Quelle sortie de crise pour nos Etats? Avons-nous opéré les bons choix, ceux de l'audace et de la responsabilité ? Qu'attendre des plans de relance ? Comment préparer l'avenir?
Prudence et espoir étaient de mise, aujourd'hui, à Lisbonne lors du colloque sur les Finances Publiques, organisé par la FondaFip !
Dans un exposé très clair, sincère et didactique, Alain Lambert est revenu sur ses sujets de prédilection : l'inflation des normes paralysantes pour nos économies et la nécessaire transparence des comptes publics !
Au coeur de son propos, les liens ténus entre finances publiques et démocratie !
Sans noircir le tableau déjà bien assez sombre, notre hôte, comme toujours, ne se prive pas d'aborder les questions qui dérangent ! Il n'est pas trop tard pour réagir, avec courage et détermination !
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